Les difficultés rencontrées pour instaurer les mesures de lutte anti-tabac

On peut se réjouir du succès massif remporté par la CCLAT puisque 90 % des pays ont ratifié le traité. Toutefois, malgré l’adoption à l’échelle internationale de la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac, la mise en œuvre concrète des mesures se heurte à plusieurs freins :

  • les ressources consacrées à la lutte anti-tabac sont grandement insuffisantes au regard des maladies et des morts causées par le tabac.

Le budget annuel de la CCLAT représente moins de 10 millions de dollars, ce qui ne suffit pas pour faire une promotion anti-tabac pertinente dans le monde. Dans les pays en voie de développement, le problème est d’autant plus criard qu’ils ne peuvent pas justifier des budgets demandés car ils ne disposent quasiment pas d’informations quant aux coûts des politiques de lutte anti-tabac efficaces. Ils n’ont pas non plus les moyens de quantifier l’ampleur du fléau sur leur sol en termes économiques.

  • l’industrie du tabac exerce une forte pression sur les pays et la société civile afin de ralentir la mise en place des nouveaux dispositifs.

Dotés de moyens colossaux, les industriels tentent de freiner la mise en place des mesures de contrôle, de limitation et d’interdiction des produits du tabac en interférant à tous les niveaux de décisions et notamment dans les hautes sphères de la politique. Ils utilisent également des programmes dit « d’hospitalité » auprès des élus politiques et d’autres personnes influentes dans l’objectif de multiplier les échanges avec les politiciens, les hauts fonctionnaires, les journalistes et les acteurs économiques d’envergure.

Des places VIP dans des loges prestigieuses sont ainsi offertes pour permettre aux invités de suivre les plus grands évènements sportifs, des abonnements à l’année dans les grands stades ou encore des places aux avant-premières de films leur sont données à titre de cadeaux,.

Les industriels peuvent ainsi contourner la loi et faire de la propagande en faveur de leurs produits de manière détournée. Ils organisent également des soirées et des manifestations festives dans le cadre de clubs d’affinités et de réflexion, et invitent des proches de personnalités influentes, tels que des assistants parlementaires.

L’ensemble de ces actions visant à faire de la propagande des produits du tabac malgré leur interdiction sont contraires aux dispositions du traité : elles sont d’ailleurs dénoncées par les journalistes consciencieux car elles représentent un conflit d’intérêt majeur et un risque évident de corruption des élus.